« Ce qui frappe tout d’abord quand on arrive dans la rade, c’est un petit îlot à fleur d’eau comme une émeraude et sur laquelle flotte le pavillon d’O-Taïti. Moutu-Outa où l’île de la Reine, tel est le nom de cette île miniature.» Capitaine G. LAFOND, Voyages autour du monde et naufrages célèbres (…).

Tel que l’a décrit le Capitaine G. LAFOND, Motu Uta était une petite île de sable qui occupait le centre de la rade de Papeete, et ce, jusqu’en 1965. Propriété de la reine Pomare IV, ce petit îlot lui servait occasionnellement de résidence avant de devenir un îlot de quarantaine pour les voyageurs originaires de régions à risque sanitaire, puis îlot de confinement des prisonniers durant les deux guerres.

Avec le développement du commerce, en 1860, les premiers appontements sont construits. S’en suivra alors l’agencement du port de Papeete et le développement du «Quai des Paquebots » entre 1923 et 1957.

1962 marque la disparition de Motu Uta. De nombreux travaux sont effectués pour permettre une extension des installations portuaires. Apparait alors, en complément de la cale de halage et de appontement pétrolier, une base navale.

La même année, les travaux d’une digue de protection sur le récif d’une longueur de 2,2 km sur 5 mètres de hauteur sont entamés. L’îlot de Motu Uta est remblayé. Le 29 juin 1966, en présence du Général Billotte alors ministre des DOM – TOM, la digue de Papeete le nouveau Port de la ville sont inaugurés.

  • DIP Dessin De Thornam 1846
  • DIP Dessin De J. Moerenhout
  • DIP Lazaret
  • Z14 003 00934
  • Z14 003 00919
  • Z14 003 00882
  • Z14 003 00868
  • Z14 010 04207
  • Z14 010 04687

    Textes : Bureau de la valorisation du patrimoine – Archives PF

    Illustrations : Fonds Gutzwiller Collection Archives PF / Dictionnaire illustré de la Polynésie – Bibliothèque Archives PF (1-Lithographie d’après un dessin original de J. Moerenhout / 2- Motu Uta, résidence secondaire de la reine Pomare IV vers 1846. Dessin de Thornam / 3- Le lazaret qui accueillait les passagers des navires en quarantaine).

    En 1842, au mois de mai, la colonisation française en Polynésie française commence lorsque l’amiral Albert Du Petit-Thouars annexe les îles Marquises sur les conseils de Jacques-Antoine de Moerenhout.

    Sans consignes précises du gouvernement, Albert Du Petit-Thouars intervient ensuite à Tahiti où il impose à Pomare IV la signature d’un traité de protectorat qui sera confirmé en 1847. Le protectorat concerne alors les îles du Vent, les Tuamotu, Tubuai et Raivavae. Alors que les îles Sous-le-Vent sont exclues du protectorat, les Gambier demeurent indépendantes en étant néanmoins gouvernées sous le contrôle de Picpus.

    Suite à l’application du protectorat, le Reine voit ses attributions réduites. Ne gérant plus que les affaires intérieures, ses décisions doivent malgré tout être acceptées par le gouverneur.

    Le 29 juin 1880, Pomare V, dernier souverain de Tahiti, cède les territoires du Protectorat à la France en échange d’une rente viagère pour lui-même et trois personnes de sa famille et moyennant le maintien des symboles de sa royauté. Les territoires tahitiens deviennent alors une colonie française appelée « Établissements français de l’Océanie (E.F.O)» jusqu’en 1957.

    Textes : Bureau de la valorisation du patrimoine – Archives PF

    Illustration : Fonds Gutzwiller Collection Archives PF

    Le vendredi 4 juin 1976, après plus d’un mois de navigation, la pirogue hawaïenne Hōkūle‘a’ est accueillie sur la Plage Cigogne à Papeete par près de 15000 Tahitiens.

    « Amis Hawaïens, vous êtes ici chez vous ». C’est par ces mots que le Gouverneur Schmitt souhaita la bienvenue aux 17 membres de l’équipage de la pirogue double Hōkūle‘a’.

    Ce premier voyage, de plus de 5000 kilomètres, sans instruments de navigation entre les îles Hawaii et Tahiti vient alors réveiller les consciences polynésiennes quant à l’histoire de la

    navigation ancestrale et à leurs traditions.

    Une navigation commune aux deux îles, dont le savoir fut transmis oralement de générations en générations, qui vient alors confirmer la capacité des anciens navigateurs polynésiens à voyager d’îles en îles en utilisant les méthodes ancestrales de navigation.

    Chant interprété par John Gabilou et écrit par Patrick Roche à l’occasion de l’arrivée de Hōkūle‘a’ en 1976: «Tei raro ae i te tere

    O te po avae haumaru e Te tere nei oia i Tahiti Hōkūle‘a’ no maui e Teie nei po poiri Te tere nei te vaa tauati Apiti hia i te matai Hōkūle‘a’ no Hawaii (Refrain:) Hōkūle‘a’, Hōkūle‘a’, Hōkūle‘a’ laorana to oe tae raa mai i Tahiti Na roto te miti rahi E te ua toetoe hoi e Ua hoe ma te rohirohi e Hōkūle‘a’ no maui e Aahiata teie nei nia te moana tarere Te piri mai nei i te fenua Hōkūle‘a’ no Hawaii » « C’est sous le signe du voyage De la nuit fraiche et il s’en va à Tahiti, Hōkūle‘a’ de Maui En cette sombre nuit La pirogue double s’en va accompagnée du vent (alizée) Hōkūle‘a’ de Hawaii Hōkūle‘a’, Hōkūle‘a’ bonjour pour ta venue à Tahiti A travers cette immensité d’océan et la pluie froide, tu as ramé jusqu’à l’épuisement Hōkūle‘a’ de Maui ! C’est l’aube Sur cette océan agité Voici la terre, Hōkūle‘a’ de Hawaii, qui s’approche »   Texte : Bureau de la valorisation – Archives PF Illustration : Fonds ICA / Collection Archives PF